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PERSONALITE DE MOIS

Eddy King




personalite de mois
Eddy King

Eddy King

Par Caroline Bossou

C’est un dimanche après-midi, dans un café de la rue Ste-Catherine, que je suis allée à la rencontre de cet homme qui pratique un métier demandant patience, acharnement, créativité, discipline et parfois même, une certaine hardiesse. À peine suis-je entrée que je l’ai aperçu. Automatiquement, j’ai commencé à repenser à certaines de ses blagues les plus marquantes puis, un sourire s’est dessiné sur mon visage. En moins de deux,  nous sommes installés et tranquillement, Eddy King a commencé à me parler de lui. 

Né en France d’une mère africaine, il est élevé par celle-ci. Très tôt, on l’initie aux arts scéniques, plus particulièrement, à celui de la musique. Son oncle maternel, qui est de quelques années son aîné et avec qui il entretient une relation fraternelle, l’introduit au monde du hip hop. En plus de « rapper » et de danser, celui-ci lui écrit des chansons. À la même époque, cet oncle « fraternel » le baptise de son nom d’artiste. Il devient alors Eddy King.

Vers l’âge de 13 ans, accompagné de sa mère, Eddy quitte le continent européen et s’envole pour l’Amérique. Tournant ainsi le dos à beaucoup de choses mais gardant en tête le désir de suivre les traces de son oncle, celui de devenir rappeur. Dès son entrée au  secondaire, il met ses plans à exécution. Avec un ami, il forme un groupe prénommé Sans limites qui se sépare après deux années et la réalisation d’un démo tape. Eddy se joint alors à Optik, un autre groupe qui aujourd’hui, possède sa propre compagnie de production, Da Bridge. Une fois de plus, ce partenariat ne dure pas. C’est avec son  meilleur ami qu’il forme la coalition idéale : Dögone Tribe. Depuis la fin du secondaire, jusqu’à ce jour, l’alliance survit, permettant ainsi à Eddy de pratiquer une de ses nombreuses passions, la musique.

Ayant un urgent besoin de changement, le rappeur ajoute l’humour au nombre de ses talents. Pour lui, la transition est une suite logique. Tout comme le rap, cette forme d’art nécessite un travail d’écriture important, en plus de conserver le principe du fameux « punch line »,la performance sur scène et la possibilité de varier davantage les sujets abordés. Pour illustrer ce dernier point, il me parle des différents rappeurs qui ont été étiquetés à certains types de chansons. Malgré son faible pour la musique, il ressent le besoin pressent de vivre ce changement. Il décide donc de se concentrer sur ce rêve qu’il caresse depuis déjà bien longtemps, celui de devenir humoriste. Afin d’atteindre son objectif, il prend tous les moyens nécessaires. Commençant  par « frapper aux bonnes portes ». Puis, tranquillement, il finit par s’immerger entièrement dans le monde de l’humour, fréquentant humoristes et « comedy clubs ». Tel une éponge, il prend tous les conseils qui lui sont adressés avant de se présenter sur scène, au Pub Jacques Cartier. Il se fait remarquer assez vite par le responsable des Mardis de l’humour au Saint-Ciboire. Celui-là même qui occupe également une place au sein de l’empire qu’est Juste pour rire. Après avoir adapté son matériel, tel qu’on le lui a conseillé, les choses déboulent rapidement pour lui. Il prend part à plusieurs choses telles que : les Mercredis juste pour rire, les Auditions Vox, En route vers mon premier gala; le 400e de Québec, la Tournée des cégeps, le Gala de Rachid Badouri, le Comedyworks, etc.

Avec l’expérience acquise et la première phase de son rêve initial achevée, il souhaite maintenant avoir son propre One man show. Pour y arriver, il sait qu’il doit continuer à bosser très fort. Ne sachant trop s’il devrait s’entourer de scripteurs ayant la même vision que lui, s’il devrait envisager différents types d’alliance ou s’il continuerait de rouler solo, cet autodidacte n’est certain que d’une chose s’il veut réussir: « travailler, travailler et travailler sur son matériel ». De plus, il croit que pour parvenir à avoir un  excellent répertoire de blagues, le fait d’y aller par essais et erreurs peut lui permettre de savoir ce qui fonctionne auprès de son public ou ce qu’il doit mettre de côté. Son fameux matériel, il le compose grâce aux situations personnelles qu’il vit, les choses qui le touchent ou tout simplement, les gens en général. Chose que l’on voit d’ailleurs lorsqu’il fait référence à certains membres de sa famille et de son entourage.

La personne que j’ai rencontrée cette journée, est une personne focus, déterminée et qui a la tête bien vissée sur ses épaules. Quant à lui, il se voit de deux manières différentes, aux antipodes l’une de l’autre. D’un côté, Eddy King est un individu qui, vous l’aurez bien deviné, aime beaucoup blaguer et rigoler. De l’autre, son côté sérieux ressort un peu plus. Quand il s’engage dans une direction qu’il croit être la bonne pour lui, il fonce et s’entête jusqu’à ce qu’il réussisse. Même s’il consulte son entourage lorsqu’il doit prendre des décisions, il n’en demeure pas moins qu’il ne se fie qu’à lui-même. D’ailleurs, il a enchaîné sur cette idée en me disant : « Il n'y a seulement que toi qui sait où tu t’en vas ». Comme les standards qu’il se fixe peuvent être extrêmement élevés, il est conscient du fait qu’il peut parfois être assez irritable au niveau professionnel. En somme, il recherche sa perfection. Que ce soit pour la musique, l’humour ou tout autre chose pour dans laquelle il s’engage.

À côté de tout ça, ce jeune humoriste talentueux rêve de cinéma, de posséder son propre record label, d’une BMW M3 (j’arrive maintenant à mettre une image sur cette marque précise!) et même d’une maison au Brésil. Je crois que l’assiduité qu’il fournit dans tout ce qu’il semble entreprendre lui permettra de réaliser ses rêves ! De plus, la de réussir qu’il possède, le travail acharné qu’il est prêt à fournir pour atteindre ses objectifs et l’originalité dont il fait preuve me mène à croire que nous n’avons vu que le début de ce personnage éclectique. Watch out for Eddy King everybody !