Au lendemain du gala des prix S.O.B.A ( Sounds of Blackness) qui se tenait à l’Olympia de Montréal le 15 Avril dernier, Grégory Charles était à la une de l’actualité culturelle pour ses victoires dans plusieurs catégories dont celle de « Personnalité masculine de l’année».
Lors de cette grande célébration de la culture noire au Québec et au Canada animée par Varda Étienne, qui était d’ailleurs en nomination dans la catégorie « Artiste féminine dans une émission ou une série télévisée de l’année », l’assistance a eu droit à un éventail de prestations artistiques. Une fois « l’artiste ou groupe de musique du monde de l’année » dévoilé, la chanteuse de jazz Samina est montée sur scène accompagnée d’un guitariste de renom, monsieur Harold Faustin. Sous un éclairage orangé et chaleureux, Samina a fait monter de quelques degrés l’ambiance de la salle. Avec l’aide de son guitariste, elle a présenté des airs jazz aromatisés à quelques sons qui rappellent, sans équivoque, le Brésil dans toute sa beauté et sa sensualité. En plus de remporter le prix du « meilleur album francophone de l’année », cette artiste a ouvert le spectacle d’une manière que je ne pourrais qualifier d’autre que de divine.
Tout au long du gala, la personnalité de l’animatrice de l’émission Soleil tout inclus, Varda Étienne, a constamment fait surface. Alors qu’elle devait présenter le prix « Artiste féminine dans une émission ou une série télévisée de l’année », pour lequel elle était en nomination, madame Étienne a fait une petite blague en remettant le prix à la gagnante, Charlène Royer. Cette comédienne, de la série « Le 7ième Round » à Radio-Canada, a d’ailleurs affirmé, en entrevue, qu’elle était très fière d’un tel honneur et qu’il s’agissait d’un encouragement à poursuivre ce qu’elle avait déjà entamé. Appuyée dans ses propos par son partenaire de vie, le célèbre directeur du grand succès « Bon Cop Bad Cop », Érik Canuel, celui-ci a fait part de son opinion face au gala. Lequel, croyait-il, était tout à fait important. En accord avec lui n’était nul autre que Biz du groupe Loco Locass : « Pour moi, ce gala est aussi important que l’Adisq » a-t-il déclaré à Sur le Spot.
Les absences de Corneille et d’Herby Moreau, les gagnants des prix «Artiste ou groupe R&B, Soul francophone de l’année » et « Artiste masculin dans une émission ou une série télévisée de l’année » ont vite été oubliées grâce aux folies de Didier Lucien et Frédéric Pierre. Les comédiens de « Pure Laine » et du « 7ième Round », nominés dans la même catégorie qu’Herby Moreau, sont montés sur scène pour prendre possession du trophée. Une action qui en a fait rire plus d’un, moi la première. Quand j’y pense, j’en ris encore. Toute cette spontanéité et un si beau sens de l’humour, ce fut génial ! Grégory Charles, qui était également absent à la soirée, était représenté par deux membres de son chœur.
Une fois la foule calmée, Sans Pression a présenté le prix «Artiste ou groupe R&B, Soul anglophone de l’année ». Une victoire très appréciée de la chanteuse, R&B et Soul, Addictiv a.k.a Tasha, bénéficiaire de ce trophée. Immédiatement après cette remise, la très talentueuse Sylvie Desgroseilliers s’est présentée sur scène afin de rendre hommage au légendaire George Thurston alias Boule Noire. Dans une version jusqu’à ce jour inexplorée de la chanson « Aimer d’amour », le duo Desgroseilliers et Nazbrok ont touché chacune des personnes présentes dans la salle de par leur prestation. Varda a d’ailleurs fait part du fait qu’à chaque fois qu’elle entendait la voix exceptionnelle de cette chanteuse, elle était toujours émue. Sur ce plein d’émotions, elle a présenté à son ami de longue date, Boule Noire, le prix du « Hall of Fame Awards ». Quand le récipiendaire est parti cueillir son honneur, il a fait plusieurs remerciements en plus de faire une déclaration qui a enthousiasmé cette salle noire de monde (comme aurait dit notre chère présentatrice) : « C’est dans la noirceur que l’on trouve la clarté ». Je ne pourrais être plus en accord avec cette affirmation après avoir vu tous ces talents.
Même si le point fort de la soirée était passé, celle-ci a continué avec d’autres prestations d’artistes tel que Kulcha Connection, Karl Woolf, Catburglaz, les troupes de danse God’s of rythm ainsi que Red Mask, la renaissance du Breakdancing à Montréal. La grande « fan » de « Break » en moi fut plus qu’éblouie et si j’en crois mes souvenirs, je n’étais pas la seule.
La soirée s’est terminée aussi bien qu’elle avait commencé. Cette fois-ci par contre, les airs de jazz de Samina avaient disparus pour laisser la place à Lorraine Klaasen, la reine de la musique africaine à Montréal. Avec l’aide de quelques danseurs, Malicious, et Rudy B. Éloi à la toute fin, elle a réussi à entraîner tout le monde dans la salle. Personne n’était demeuré assis y compris moi. Je dois avouer que j’avais quelques réticences à me lever mais j’ai fini par me laisser emporter par cette vague de chaleur rythmée, oubliant la tempête de neige qui faisait rage à l’extérieur… En sortant de l’Olympia, je gardais de cette chaleur pour affronter le froid qui m’attendait et la corvée d’avoir à déblayer ma voiture.