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Chronique
Mais où est notre Diam's québécoise ?

Diam's

Par Caroline Bossou

" Le Québec entre dans ma bulle " a déclaré la chanteuse de rap français Diam's avant d'entamer son concert devant une foule en délire le 3 Février dernier au Métropolis. Alors que filles, garçons, différentes générations et ethnies étaient rassemblés dans le but de partager ce moment avec la rappeuse, celle-ci a offert à ses fans, à mon humble avis, un spectacle qui ne pourrait être qualifié de rien d'autre que " mortel ".

Vêtue à la garçonne et placée dans un décor qui nous rappelle bien le rap Old School, Mélanie Georgides, de son vrai nom, a tenu son public en haleine du début à la fin alors qu'elle présentait les chansons tel que "La Boulette", "Confessions nocturnes", "Big up", "Marine" ou la très chantée et très reconnue " Jeune demoiselle ". Secondée par son trio de choristes hétéroclites, Marc, son pianiste-guitariste-saxophoniste et DJ Jimmy, qui suit la chanteuse depuis maintenant quatre ans, Diam's a diverti la foule. Une foule qui, d'ailleurs, le lui a très bien rendue!

Alors que je faisais connaissance avec celle qui a été couronnée Artiste française de l'année aux NRJ Music Awards à Cannes et vendu plus de 800 000 exemplaires de son dernier CD " Dans ma bulle ", j'en suis venue à me questionner sur le Hip Hop québécois féminin. Si Diam's pouvait connaître un tel succès de Montréal à Paris, pourquoi l'inverse ne serait-il pas possible pour nos artistes locaux ? Pourquoi des rappeuses tel que Dee du groupe Attache Tatuq, Yncomprise ou J-Kyll, membre du célèbre groupe Muzion ne connaissaient-elles pas une réussite d'une telle ampleur en France ni même à Montréal ? Pourtant, on retrouve plusieurs artistes québécois qui sont très reconnus en Europe et fortement apprécié pour leur musique. Parmi eux, Mélanie Renaud, Garou, Gabrielle Destroismaisons et sans oublier Corneille. Y a-t-il un genre musical qui traverse nos frontières avec plus de facilité qu'un autre ?

Quand je pense aux thèmes exploités dans les chansons de rap, de soul, de reggae ou de RnB, je ne pourrais dire qu'ils diffèrent vraiment les uns des autres. Ce qui varie, en mon sens, est sans aucun doute la manière dont le message est transmis. Si je reprend les idées présentées dans les chansons de Diam's, je ne pourrait dire qu'ils sont ni plus bons ni plus mauvais que ceux de nos rappeuses québécoises.

De plus, pour l'avoir entendu à maintes reprises de la part d'européens, il a longtemps été dit que notre accent joual était bizarre, voir même incompréhensible ! En écoutant certaines chansons de Dee ou d'Yncomprise, qui font usage de cet accent, qui est la risée de plusieurs de nos cousins français, je me suis dit que cela pouvait être un des facteurs en cause. Toutefois, quand la voix de J-Kyll s'est fait entendre dans mon stéréo lors de la chanson 24 heures à vivre avec Wyclef Jean et qu'elle a commencé à chanter son verse, j'en suis venue à la conclusion que l'accent ne pouvait être un problème vraiment majeur puisque son parlé est, selon moi, digne de grands orateurs.

Alors pourquoi ? Les raisons pourraient être multiples mais y a-t-il tout simplement eu une tentative ?



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