Souvent, les premières parties de spectacles n’ont pas la prétention de se définir comme étant exceptionnelles. Dans certains cas, elles divertissent les spectateurs en attendant que la célébrité, pour laquelle ils se sont déplacés, se présente sur scène et, d’autres fois, elles n’arrivent tout simplement pas à capter leur attention. Les gens présents parlent fort, rient, puis vont et viennent sans se préoccuper de la personne performant sur le stage. À de rares occasions, ces pre-show permettent à l’audience de découvrir un nouvel artiste. Tel fut le cas d’un grand nombre d’individus présents au Métropolis, le 5 Juin dernier, dans le cadre du spectacle de la chanteuse anglaise de musique soul, Joss Stone.
Arrivée sur place, la maturité de l’audience m’a immédiatement frappée. Contrairement au show de The Roots ou même de Gage, j’ai remarqué que la foule était composée majoritairement d’un public plus adulte (si je peux me permettre) et ce, même si plusieurs générations étaient présentes au spectacle. Toutefois, quand les premières chansons du jeune chanteur de vingt-six ans, originaire de l’état de Géorgie, se sont faites entendre, il n’était plus question d’autre chose que de musique (quel que soit la tranche d’âge dans laquelle vous étiez). Avec un son magnifique et une voix fort puissante, Ryan Shaw avait mobilisé l’attention de toute la salle. D’où j’étais placée, je ne crois pas avoir vu une personne qui avait des yeux (et surtout, des oreilles) pour autres choses que pour lui. À plusieurs reprises, j’ai entendu : « C’est qui lui ? Je ne le connais pas!!! » ou bien « I never heard that man before, do you know him? ». Dévoilant des musiques tirées de son premier album This is Ryan Shaw tel que Nobody, cet artiste soul a séduit un bon nombre d’amateurs de musique. Pour ceux qui ne le connaissaient pas, il s’est présenté à maintes reprises en plus de les envoyer sur le site « whoisryanshaw.com ». Un bon coup de promotion qui, selon moi, n’était plus vraiment nécessaire à un certain moment puisque son talent avait fait tout le travail, c'est-à-dire qu’il avait réussi à se faire connaître davantage en plus de laisser une marque importante dans leur esprit. Avec des beats qui rappellent, sans contredit, certains airs de Rhythm & Blues, monsieur Shaw en a fait bouger plus d’un. À la fin de sa prestation, laissant derrière lui une foule plus que réchauffée, cet auteur compositeur s’est rendu à l’espace boutique afin d’autographier des CD’s pour ses fans, les nouveaux comme les anciens.
Après la très belle performance de Ryan Shaw, la foule était prête à accueillir la jeune anglaise. À vingt-deux heures, Joscelyn Eve Stoker, mieux connue sous le nom de Joss Stone se faisait toujours attendre. Les gens faisaient preuve d’impatience et commençaient à être un peu agités. Sur la scène, les techniciens s’affairaient à aménager la scène pour la chanteuse, ses musiciens ainsi que ses choristes. Vers vingt-deux heures quinze, l’attente devenant insupportable, certains de ses admirateurs ont commencé à huer alors que d’autre la réclamait : « We want Joss ! We want Joss ! We want Joss ». Une réaction très compréhensible puisque les portes du Métropolis étaient ouvertes depuis dix-huit heures trente et, malgré le show exceptionnel donné par Ryan Shaw, les gens avaient quand même une journée de travail dans le corps, pour la plupart! Plusieurs minutes se sont écoulées avant que les choristes de Joss Stone ne viennent l’introduire à son public, le tout, en chantant.
Vêtue d’un babydoll rose, mauve et blanche aux allures assez psychédélique, mademoiselle Stone s’est installée à son micro drapé d’un voile. Même si la bass rendait parfois difficile l’écoute des musiques, du moins au niveau du parterre, c’est avec sa splendide voix que la chanteuse a débuté son répertoire. Avec les chansons tel que Jet Lag, la star anglaise a capté l’attention de ses fans qui étaient distraits par les conditions sonores quelques peu escarpées à certains moments. Armée de ce qui semblait être un thé, pour la désaltérer au besoin et conserver sa voix sur le mode impeccable, Joss Stone a offert une prestation sans pareil lorsqu’elle a interprété ses succès tirés de son plus récent album Introducing Joss Stone produit par son collaborateur musical, Raphael Saadiq. Parmi ceux-ci, on pouvait retrouver : Tell Me ‘Bout it, Tell Me What We’re Gonna Do, Bad Habits ou voir même Headturner. En plus de présenter ces chansons, la charmante jeune femme a livré Put Your Hands On Me avec beaucoup de sensualité, au grand bonheur des fans du genre masculin ou peut-être même féminin (dépendamment des préférences!).
Même si elle a totalement charmé son public avec son accent british et ses fous rire à n’en plus finir, la jeune femme s’entretenait énormément avec celui-ci, que ce soit de la vie en général ou de l’amour qu’elle dit avoir finalement trouvé en la musique (honnêtement, je m’attendais à ce qu’elle nous parle de son idylle, petit chou gras des revues à potins, avec celui qui a collaboré avec plusieurs artistes et également produit son album, Raphael Saadiq). Malheureusement pour elle, ces très divertissantes petites conversations n’ont pas empêché un bon nombre de personnes de partir avant la fin du show. Écoeurés de l’entendre ? Je ne croirais pas. Toutefois, il faut se rappeler que certains zélés étaient présents depuis dix-huit heures trente, ou même avant, à attendre la talentueuse anglaise à peine âgée d’une vingtaine d’années.
cliquez ici pour visualiser photo